"EN
COMPAGNIE DES CHOSES" ... rouennaises
Depuis jeudi, une équipe de cinéma
tourne en ville "En Compagnie des Choses", un moyen-métrage
de 35 minutes. Rencontre avec le producteur.
Ce n'est pas tous les jours que Rouen se transforme en plateau de tournage.
Certes il ne s'agit pas ici du prochain Ozon, encore moins d'un remake d'Amélie
Poulain, mais le producteur Jean-Christophe Soulageon voit déjà
les choses en grand. Son film baptisé "En compagnie des choses",
un moyen métrage de 35 minutes tourné en numérique, n'a
rien à envier aux superproductions françaises. Tout y est : des
techniciens compétents, un scénario en or, un réalisateur
chevronné et Rouen pour décor.
De quoi rêver à des lendemains qui chantent... Même si le
jeune producteur parisien, patron de la société "Les Films
Sauvages", avance à pas comptés. Car tout est une question
d'argent. C'est d'ailleurs pour cette raison que son équipe a échoué
sur les rives rouennaises. "Ce scénario est arrivé sur
mon bureau il y a trois ans, souligne Jean-Christophe Soulageon, depuis, nous
n'avons eu de cesse de chercher un financement". Une aide de 22.800
€ que lui a finalement accordé la région Haute-Normandie
par le biais de son Pôle Image.
Quinze Jours de tournage
"Cette subvention est énorme puisqu'en général,
l'aide des conseils régionaux dépasse rarement les 11.000 €",
poursuit le producteur. Depuis jeudi, l'équipe - une vingtaine de techniciens
et six comédiens -, placée sous l'autorité du réalisateur
et coscénariste Eric-John Bretmel, s'est donc installée au premier
étage du magasin Virgin. Et ce pendant quatre jours. "Après,
nous irons tourner au Crous (Centre Régional des Oeuvres Universitaires
et Sociales), rue d'Herbouville, et dans un appartement de Rouen."
Soit, au final, quinze jours de tournage.
Le scénario, affirme Jean-Christophe, "est magnifique".
L'histoire : un jeune kleptomane de 25 ans, névrosé à 100%
et joué par Julien Bouvard, ne dissocie plus matérialisme et sentiments.
"C'est ni plus ni moins une réflexion sur notre société
de consommation..."
Face au comédien, l'actrice Jeanne Herry, qui n'est autre que la fille
de Miou-Miou, et Pascale Roberts.
"Formidable école"
Seul regret formulé par Jean-Christophe Soulageon, le peu de place accordé
à la diffusion des courts métrages en France. A part quelques
festivals dont celui de Clermont-Ferrand où il espère justement
présenter ce film en février prochain, rares sont les lieux de
projection. Mais pas question de rougir du format choisi.
Le producteur et son équipe le savent : François Ozon, Jean-Pierre
Jeunet, Alfred Hitchcock ou encore Jane Campion sont passés par là.
Par cette "formidable école", véritable pépinière
de talents, que représentent les courts et moyens métrages.
"On ne vit pas d'un court métrage ! C'est surtout un lieu de
passage, de rencontre... Mais ça ne nous empêche pas de filmer
dans des conditions vraiment professionnelles." Ses chance, la télévision
publique, Canal plus et les nouveaux moyens de diffusion que sont les DVD et
Internet : "C'est l'avenir des petites productions !"
Jérome Savoye