PARIS NORMANDIE - Samedi 4 et Dimanche 5 Septembre 2004

"EN COMPAGNIE DES CHOSES" ... rouennaises

Depuis jeudi, une équipe de cinéma tourne en ville "En Compagnie des Choses", un moyen-métrage de 35 minutes. Rencontre avec le producteur.

Ce n'est pas tous les jours que Rouen se transforme en plateau de tournage. Certes il ne s'agit pas ici du prochain Ozon, encore moins d'un remake d'Amélie Poulain, mais le producteur Jean-Christophe Soulageon voit déjà les choses en grand. Son film baptisé "En compagnie des choses", un moyen métrage de 35 minutes tourné en numérique, n'a rien à envier aux superproductions françaises. Tout y est : des techniciens compétents, un scénario en or, un réalisateur chevronné et Rouen pour décor.
De quoi rêver à des lendemains qui chantent... Même si le jeune producteur parisien, patron de la société "Les Films Sauvages", avance à pas comptés. Car tout est une question d'argent. C'est d'ailleurs pour cette raison que son équipe a échoué sur les rives rouennaises. "Ce scénario est arrivé sur mon bureau il y a trois ans, souligne Jean-Christophe Soulageon, depuis, nous n'avons eu de cesse de chercher un financement". Une aide de 22.800 € que lui a finalement accordé la région Haute-Normandie par le biais de son Pôle Image.

Quinze Jours de tournage


"Cette subvention est énorme puisqu'en général, l'aide des conseils régionaux dépasse rarement les 11.000 €", poursuit le producteur. Depuis jeudi, l'équipe - une vingtaine de techniciens et six comédiens -, placée sous l'autorité du réalisateur et coscénariste Eric-John Bretmel, s'est donc installée au premier étage du magasin Virgin. Et ce pendant quatre jours. "Après, nous irons tourner au Crous (Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Sociales), rue d'Herbouville, et dans un appartement de Rouen." Soit, au final, quinze jours de tournage.

Le scénario, affirme Jean-Christophe, "est magnifique". L'histoire : un jeune kleptomane de 25 ans, névrosé à 100% et joué par Julien Bouvard, ne dissocie plus matérialisme et sentiments. "C'est ni plus ni moins une réflexion sur notre société de consommation..."

Face au comédien, l'actrice Jeanne Herry, qui n'est autre que la fille de Miou-Miou, et Pascale Roberts.

"Formidable école"

Seul regret formulé par Jean-Christophe Soulageon, le peu de place accordé à la diffusion des courts métrages en France. A part quelques festivals dont celui de Clermont-Ferrand où il espère justement présenter ce film en février prochain, rares sont les lieux de projection. Mais pas question de rougir du format choisi.

Le producteur et son équipe le savent : François Ozon, Jean-Pierre Jeunet, Alfred Hitchcock ou encore Jane Campion sont passés par là. Par cette "formidable école", véritable pépinière de talents, que représentent les courts et moyens métrages.

"On ne vit pas d'un court métrage ! C'est surtout un lieu de passage, de rencontre... Mais ça ne nous empêche pas de filmer dans des conditions vraiment professionnelles." Ses chance, la télévision publique, Canal plus et les nouveaux moyens de diffusion que sont les DVD et Internet : "C'est l'avenir des petites productions !"


Jérome Savoye